La communication établie par l’OEB et transmise à la Commission européenne en novembre 2025 met en avant la forte adhésion des entreprises européennes. La communication de l’OEB
Deux ans après son lancement (juin 2023), le brevet unitaire franchit un cap : l’OEB recense plus de 75 000 demandes d’effet unitaire et un taux d’adoption proche d’un tiers des brevets européens délivrés en 2025.
Pour les titulaires , l’enjeu n’est plus de regarder le système, mais de l’intégrer méthodiquement à la stratégie de protection, de licensing et de contentieux avec la Juridiction Unifiée du Brevet . Sur la combinaison brevet unitaire et JUB
1) Une adoption portée par les acteurs européens et les PME
Premier enseignement : la dynamique d’adoption ne ralentit pas, elle s’installe.
Le rapport mentionne plus de 75 000 demandes d’effet unitaire et un taux d’adoption global de 28,3% en 2025 (contre 17,5% en 2023).
L’adoption atteint 40% pour les titulaires basés dans l’UE.
Le brevet unitaire n’est pas qu’ un outil pour les « grands groupes », le rapport insiste sur la dimension « accessibilité » :
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- PME, universités et organismes publics représentent près de 40% des demandes,
- les PME européennes affichent un taux d’adoption supérieur à la moyenne (66%).
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Pour les utilisateurs, le brevet unitaire est probablement un outil de rationalisation des coûts et de la gestion pour les structures disposant de moyens plus limités.
Rappelons que le brevet unitaire permet de viser 18 États.
2) L’économie de coûts et la simplification de gestion
La logique économique du brevet unitaire repose sur un point parfaitement identifié : un paiement unique des taxes de renouvellement à l’OEB, en euros, selon un barème construit sur le modèle.
La communication de l’OEB souligne des économies pouvant aller jusqu’à 31% sur 10–12 ans.
Des mécanismes incitatifs sont rappelés :
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- forfait de compensation de traduction (500 €) pour certaines entités éligibles ;
- réduction de 15% sur annuités en cas d’“intention de licence” enregistrée.
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Simplification administrative :
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- un calendrier unique,
- une devise,
- un seul interlocuteur,
- ce qui réduit les risques d’oublis d’annuités nationales et les difficultés de gestion.
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3) A sa communication , l’OEB souligne … son efficacité
La communication met en avant l’efficacité de l’OEB dans le traitement des demandes d’effet unitaire : 7 jours en moyenne pour les demandes standards.
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- Satisfaction utilisateur : 92% pour les outils en ligne.
- Taux de rejet annoncé : extrêmement faible (0,14%).
- Deux points pratiques ressortent :
- Possibilité, dans certains cas, de déposer la demande d’effet unitaire très tôt ;
- Le report d’enregistrement en cas d’adhésion imminente d’un nouvel État, ce fut la cas avec la Roumanie en 2024.
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4) Ce qui reste à achever : l’extension géographique (et les révisions 2028)
Le point de vigilance majeur : le système ne couvre pas encore toute l’UE, c’est l’importance de l’adhésion des États restants.
Révision des tarifs : la révision des taxes est prévue au plus tard cinq ans après le lancement, c’est à dire a priori en 2028.
Attention à cette échéance et à mesurer avec l’extension du système du brevet unitaire à d’autres Etats.
Le brevet unitaire est à apprécier avec la Juridiction Unifiée du Brevet JUB ou UPC.
En pratique immédiate
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- Faire le test du Top 4 : si la stratégie de l’entreprise vise typiquement plus de 3 ou 4 Etats, le brevet unitaire doit être pris en considération.
- Fixer un calendrier antéchronologique : à partir de la date de validation en brevet unitaire avant la délivrance : anticiper en amont les territoires, les risques et y intégrer ses politiques de licences et de contentieux.
- Surveillez 2028 : révisions possibles (taxes/État clé), et extensions territoriales potentielles.