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	<title>Archives des protection des données personnelles - Philippe Schmitt Avocats</title>
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		<title>Libertés publiques et collectes de données biométriques, l&#8217;arrêt de la Cour de justice du 19 mars 2026,</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Philippe Schmitt]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 09:17:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>&#160; &#160; Peut-on être condamné pour avoir refusé une mesure liée à une infraction dont on est par ailleurs acquitté ? Cette question de Libertés publiques et de Protection des données, la Cour de justice y répond sur des questions préjudicielles de la Cour d&#8217;appel de Paris. CJUE, 19 mars 2026, aff. C-371/24 (Comdribus, ce</p>
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    <title>Peut-on être condamné pour avoir refusé une mesure liée à une infraction dont on est par ailleurs acquitté ?</title>
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        <h1>Peut-on être condamné pour avoir refusé une mesure liée à une infraction dont on est par ailleurs acquitté ?</h1>

        <p>Cette question de Libertés publiques et de Protection des données, la Cour de justice y répond sur des questions préjudicielles de la Cour d'appel de Paris. <strong>CJUE, 19 mars 2026, aff. C-371/24 (Comdribus, ce nom est fictif, il ne correspond à aucune partie)</strong></p>

        <h2>1°) L'affaire en bref : un militant climat, les Champs-Élysées et un refus de biométrie</h2>
        <p>Le 30 mai 2020, plus d'une centaine d'activistes pour le climat occupent l'avenue des Champs-Élysées à Paris. Parmi les manifestants interpellés, une personne—désignée HW dans la procédure—est placée en garde à vue.</p>

        <h2>2°) Cette personne est poursuivie devant le tribunal correctionnel de Paris pour trois infractions :</h2>
        <ol>
            <li>Organisation d'une manifestation non déclarée et rébellion — elle aurait donné des consignes aux participants (ne pas décliner son identité, former une chaîne humaine) ;</li>
            <li>Refus de remettre le code de déverrouillage de son téléphone portable, constitutif d'un refus de communication d'une convention secrète de déchiffrement ;</li>
            <li>Refus de se soumettre aux relevés signalétiques (empreintes digitales, palmaires et photographies), tels que prévus par l'article 55-1 du code de procédure pénale.</li>
        </ol>

        <p>Par jugement du 8 septembre 2021, le tribunal correctionnel de Paris relaxe HW des deux premières infractions, mais le déclare coupable du seul refus de prélèvement de données biométriques et le condamne à une amende de 300 euros.</p>

        <p>C'est précisément l'anomalie de cette situation — être condamné pour avoir refusé une mesure liée à une infraction dont on est par ailleurs acquitté — qui conduit la Cour de Paris à interroger la Cour de justice.</p>

        <h2>3°) La saisine de la CJUE par la Cour d'appel de Paris</h2>
        <p>HW et le ministère public interjettent appel.</p>

        <p>La cour d'appel de Paris, par décision du 26 avril 2024, constate que la procédure ne comportait aucune motivation sur l'absolue nécessité de la collecte biométrique, et surseoit à statuer pour poser à la Cour de justice de l'Union européenne trois questions préjudicielles (il faut se reporter à l'arrêt pour leur exacte rédaction) portant sur l'interprétation de la Directive (UE) 2016/680.</p>

        <ul>
            <li><strong>Question 1</strong> — L'article 10 de la directive s'oppose-t-il à une législation nationale qui prévoit le relevé signalétique systématique de toute personne soupçonnée d'une infraction ?</li>
            <li><strong>Question 2</strong> — L'article 10 s'oppose-t-il à une législation qui ne prévoit pas d'obligation de motivation adéquate, cas par cas, de la « nécessité absolue » de la collecte ?</li>
            <li><strong>Question 3</strong> — L'article 10 s'oppose-t-il à une législation permettant de condamner pour refus de prélèvement une personne relaxée de l'infraction initiale ayant justifié la demande de collecte ?</li>
        </ul>

        <h2>3°) Le dispositif de l'arrêt du 19 mars 2026 : trois points, trois avancées</h2>
        <p>La Cour de justice (cinquième chambre) répond point par point, avec une portée qui dépasse largement les faits de l'espèce.</p>

        <blockquote>
            <p><strong>Premier apport</strong> — Interdiction de la collecte biométrique systématique</p>
        </blockquote>
        <p>L'article 10 de la directive 2016/680 s'oppose à toute législation nationale qui organiserait une collecte automatique et indifférenciée des données biométriques de l'ensemble des personnes soupçonnées. La Cour rappelle que ces données — empreintes digitales, photographies — appartiennent aux catégories particulières de données bénéficiant d'une protection renforcée.</p>

        <p>La collecte n'est licite qu'à deux conditions cumulatives :</p>
        <ul>
            <li>le droit national doit définir des finalités spécifiques, concrètes et suffisamment précises (vérifier une appartenance à une organisation criminelle, identifier des liens avec d'autres infractions, prévenir un risque de fuite...) ;</li>
            <li>l'autorité compétente doit apprécier, dans chaque cas particulier, si la collecte est « absolument nécessaire » pour atteindre ces finalités.</li>
        </ul>

        <p>En pratique : l'officier de police judiciaire ne peut plus se contenter d'invoquer l'article 55-1 CPP comme une habilitation générale. Il doit rattacher la mesure à une finalité identifiée et vérifier sa nécessité concrète.</p>

        <blockquote>
            <p><strong>Deuxième apport</strong> — Obligation de motivation adéquate, garantie d'un recours effectif</p>
        </blockquote>
        <p>La Cour consacre une obligation de motivation circonstanciée de la nécessité absolue de chaque collecte, lue en combinaison avec l'article 47 de la Charte des droits fondamentaux (droit à un recours juridictionnel effectif).</p>

        <p>Une législation qui dispense les autorités de cette justification individuelle est jugée non conforme au droit de l'Union. Sans motivation, la personne concernée est dans l'impossibilité de contester utilement la mesure devant un juge.</p>

        <p>En pratique : la décision de procéder aux relevés signalétiques doit être tracée et documentée. On voit les conséquences de l'absence de motivation dans le dossier de procédure.</p>

        <blockquote>
            <p><strong>Troisième apport</strong> — Condamnation pour refus : possible, mais strictement proportionnée</p>
        </blockquote>
        <p>Sur ce point, la Cour ne suit pas une lecture protectrice absolue : elle valide le principe de la sanction pénale du refus de se soumettre aux relevés signalétiques, y compris lorsque la personne est finalement relaxée de l'infraction initiale.</p>

        <p>Le raisonnement est clair : la légalité de la demande de collecte s'apprécie au moment où elle est formulée, et non rétrospectivement à la lumière de l'issue du procès. Un acquittement ultérieur ne rend pas la demande initiale illicite si elle était, à l'époque, absolument nécessaire.</p>

        <p>Cependant, la condamnation pour refus est soumise à une condition impérative de proportionnalité (article 49, §3, de la Charte) :</p>
        <ul>
            <li>la peine doit être adaptée à la gravité de l'infraction suspectée à l'origine de la garde à vue ;</li>
            <li>elle doit tenir compte des circonstances individuelles (profil, antécédents, comportement de l'intéressé).</li>
        </ul>

        <p>En pratique : une condamnation à amende pour refus de biométrie n'est pas automatiquement proportionnée. Le juge national doit opérer une appréciation individualisée. On voit l'espace de contestation significatif, notamment lorsque l'infraction initiale est mineure ou que la personne est finalement acquittée.</p>

        <p>L'arrêt Comdribus du 19 mars 2026 constitue une décision de premier plan pour les praticiens des libertés publiques en posant deux exigences essentielles :</p>
        <ul>
            <li>l'examen individuel de la nécessité absolue</li>
            <li>et l'obligation de motivation documentée.</li>
        </ul>

        <p>Point essentiel : la Cour n'a pas interdit toute sanction du refus de biométrie, elle conditionne sa légalité à une double proportionnalité : celle de la demande initiale et celle de la peine infligée.</p>

        <h2>Le droit dit par la Cour de justice :</h2>
        <ol>
            <li>L'article 10 de la directive (UE) 2016/680 [...] doit être interprété en ce sens que : il s'oppose à une législation nationale qui prévoit la collecte systématique des données biométriques de toute personne à l'égard de laquelle il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu'elle a commis ou tenté de commettre une infraction pénale, à moins qu'il ne soit établi, d'une part, que le droit national définit les finalités spécifiques et concrètes poursuivies par cette collecte de manière appropriée et suffisamment précise et, d'autre part, que l'autorité compétente est tenue, dans chaque cas particulier, d'apprécier si ladite collecte est absolument nécessaire à la réalisation de ces finalités, si bien qu'une telle collecte ne revêt pas un caractère systématique.</li>
            <li>L'article 10 de la directive 2016/680 [...] doit être interprété en ce sens que : il s'oppose à une législation nationale qui ne prévoit pas l'obligation, pour l'autorité compétente, de motiver de façon adéquate, dans chaque cas particulier, la « nécessité absolue », au sens de cet article 10, de procéder à la collecte des données biométriques de toute personne à l'égard de laquelle il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu'elle a commis ou tenté de commettre une infraction pénale.</li>
            <li>L'article 10 de la directive 2016/680 [...] doit être interprété en ce sens que : il ne s'oppose pas à une législation nationale qui permet de poursuivre et de condamner une personne au titre d'une infraction pénale spécifique réprimant le refus de celle-ci de permettre la collecte de ses données biométriques, alors même que cette dernière n'a pas été poursuivie ou condamnée pour l'infraction pénale qui fondait la collecte envisagée de ces données, pour autant que ladite collecte réponde à la condition de « nécessité absolue », au sens de cet article 10, et que la sanction pénale infligée à ce titre respecte le principe de proportionnalité.</li>
        </ol>

        <p>L'arrêt de la Cour de justice : <a href="https://juris.curia.europa.eu/juris/document/document.jsf?docid=310065" target="_blank">bit.ly/cjue-comdribus</a></p>
        <p>Le communiqué de presse : <a href="https://curia.europa.eu/site/jcms/d2_5158/fr/communiques-de-presse" target="_blank">bit.ly/cjue-cp-comdribus</a></p>
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								</div>
	</div><p>L’article <a href="https://www.schmitt-avocats.fr/libertes-publiques-donnees-biometriques/">Libertés publiques et collectes de données biométriques, l&rsquo;arrêt de la Cour de justice du 19 mars 2026,</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.schmitt-avocats.fr">Philippe Schmitt Avocats</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>les données personnelles à l&#8217;heure des collectes massives et de leur surveillance</title>
		<link>https://www.schmitt-avocats.fr/reglement-2016679-rgpd/donnees-personnelles-collectes-massives-surveillance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Schmitt]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Jun 2016 12:55:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Données personnelles]]></category>
		<category><![CDATA[6 octobre 2015]]></category>
		<category><![CDATA[Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne]]></category>
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		<category><![CDATA[Cour de justice]]></category>
		<category><![CDATA[C‑362/14]]></category>
		<category><![CDATA[Décision 2000/520/CE]]></category>
		<category><![CDATA[Directive 95/46/CE]]></category>
		<category><![CDATA[données personnelles]]></category>
		<category><![CDATA[protection des données personnelles]]></category>
		<category><![CDATA[Safe Harbour]]></category>
		<category><![CDATA[Schrems]]></category>
		<category><![CDATA[sphère de sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[transfert des données transférées depuis l’Union européenne vers les États-Unis]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le contrôle de chaque citoyen européen sur les données personnelles qui le concernent, à l’heure des réseaux sociaux et des systèmes de surveillance de masse.Le droit à la protection des données personnelles constitue un droit fondamental de l&#8217;Union et l&#8217;exercice de ce droit nécessite un accès effectif à l&#8217;autorité nationale de contrôle pour assurer le...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le contrôle de chaque citoyen européen sur les données personnelles qui le concernent, à l’heure des réseaux sociaux et des systèmes de surveillance de masse.Le droit à la protection des données personnelles constitue un droit fondamental de l&rsquo;Union et l&rsquo;exercice de ce droit nécessite un accès effectif à l&rsquo;autorité nationale de contrôle pour assurer le respect des règles européennes.</p>
<p style="text-align: justify;">L’événement juridique le plus médiatisé de ses dernières années et dont les conséquences l’ont été également, &#8211; de nouvelles règles à mettre en place et à respecter pour le transfert des données des citoyens européens notamment aux Etats-Unis d’Amérique du Nord par les opérateurs économiques – est, sans aucun doute, l’arrêt du 6 octobre 2015 de la Cour de Justice désigné sous le nom de Safe Harbour &#8211; appelé « sphère de sécurité » dans la version francophone de la décision de la Commission -,   bien qu’il devrait être nommé par le nom du requérant initial Maximilien Schrems.  L&rsquo;arrêt est <a href="http://curia.europa.eu/juris/document/document.jsf?text=&amp;docid=169195&amp;pageIndex=0&amp;doclang=FR&amp;mode=req&amp;dir=&amp;occ=first&amp;part=1&amp;cid=1372016">là</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet arrêt de la Cour de justice  du 6 octobre 2015, C‑362/14, est intervenu sur une question préjudicielle de la juridiction irlandaise dans une procédure opposant Maximillian Schrems contre Data Protection Commissioner  en présence de Digital Rights Ireland Ltd.</p>
<h3> Quelques explications sur le litige tel que rapporté à l’arrêt</h3>
<ul>
<li>Un utilisateur de Facebook demande à l&rsquo;autorité irlandaise de protection des données personnelles que ses données personnelles ne soient pas transférées aux Etats-Unis pour y être traitées.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em>26      M. Schrems, un ressortissant autrichien résidant en Autriche, est <strong>un utilisateur du réseau social Facebook</strong> (ci-après «Facebook») depuis l’année 2008.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>27      Toute personne résidant sur le territoire de l’Union et désirant utiliser Facebook est tenue de conclure, lors de son inscription, un contrat avec Facebook Ireland, filiale de Facebook Inc., elle-même établie aux États-Unis. <strong>Les données à caractère personnel des utilisateurs de Facebook résidant sur le territoire de l’Union sont, en tout ou en partie, transférées vers des serveurs appartenant à Facebook Inc., situés sur le territoire des États-Unis, où elles font l’objet d’un traitement</strong>.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>28      Le 25 juin 2013,<strong> M. Schrems a saisi le commissaire d’une plainte par laquelle il demandait en substance à celui-ci d’exercer ses compétences statutaires en interdisant à Facebook Ireland de transférer ses données à caractère personnel vers les États-Unis.</strong> Il y faisait valoir que le droit et les pratiques en vigueur dans ce pays ne garantissaient pas une protection suffisante des données à caractère personnel conservées sur le territoire de celui-ci contre les activités de surveillance qui y étaient pratiquées par les autorités publiques. <strong>M. Schrems se référait à cet égard aux révélations faites par M. Edward Snowden concernant les activités des services de renseignement des États-Unis, notamment celles de la National Security Agency (ci-après la «NSA»).</strong></em></p>
<ul>
<li>L’autorité irlandaise de contrôle sur le respect des dispositions relatives aux données personnelles s’en rapporte à la décision de la Commission du 26 juillet 2000</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em>29      Considérant qu’il n’était pas tenu de procéder à une enquête sur les faits dénoncés par M. Schrems dans sa plainte, le commissaire a rejeté celle‑ci comme étant dépourvue de fondement. Ce dernier a, en effet, estimé <strong>qu’il n’existait pas de preuves que la NSA ait accédé aux données à caractère personnel de l’intéressé</strong>. Le commissaire a ajouté que les griefs soulevés par M. Schrems dans sa plainte ne pouvaient être utilement avancés, puisque<strong> toute question relative au caractère adéquat de la protection des données à caractère personnel aux États-Unis devait être tranchée en conformité avec la décision 2000/520</strong> et que, dans cette décision, <strong>la Commission avait constaté que les États-Unis d’Amérique assuraient un niveau adéquat de protection.</strong></em></p>
<ul>
<li>Que dit cette décision 2000/520 de la Commission ?</li>
</ul>
<p>La décision du 26 juillet 2000 de la Commission a été prise au regard de la directive 95/46/CE du Parlement européen et du Conseil du 24 octobre 1995 relative à  la protection des personnes physiques à l&rsquo;égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation des données.</p>
<p>L’extrait ci-après de l’article 1er en indique l’essentiel :</p>
<p style="text-align: justify;"><em> 1. Aux fins de l&rsquo;article 25 de la directive 95 /46/CE, <strong>pour toutes les activités rentrant dans le domaine d&rsquo;application de ladite directive</strong>, il est considéré que les «principes de la « sphère de sécurité » relatifs à la protection de la vie privée» (ci-après dénommés «les principes visés à l&rsquo;annexe I de la présente décision »), appliqués conformément aux orientations fournies par les «questions souvent posées» [«frequently asked questions» (FAQ)] publiées le 21 juillet 2000 par le ministère du commerce des États-Unis d&rsquo;Amérique, visées à l&rsquo;annexe II de la présente décision, <strong>assurent un niveau adéquat de protection des données à caractère personnel tansférées depuis la Communauté vers des organisations établies aux États-Unis</strong> compte tenu des documents suivants émis par le ministère du commerce des États-Unis: …..</em></p>
<ul>
<li>L’affaire vient devant la juridiction irlandaise qui s&rsquo;intéresse au caractère contraignant ou non de cette décision à l&rsquo;encontre de son contrôleur de la protection des données personnelles</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em>35      La High Court (Haute Cour de justice) observe, en outre, que M. Schrems, à l’occasion de son recours, dénonce en réalité la légalité du régime de la «sphère de sécurité» mis en place par la décision 2000/520 et dont procède la décision en cause au principal. Ainsi, même si M. Schrems n’a formellement contesté la validité ni de la directive 95/46 ni de la décision 2000/520, la question est posée, selon cette juridiction, de savoir si, du fait de l’article 25, paragraphe 6, de cette directive, <strong>le commissaire était lié par la constatation effectuée par la Commission dans cette décision,</strong> selon laquelle les États-Unis d’Amérique assurent un niveau de protection adéquat,<strong> ou si l’article 8 de la Charte autorisait le commissaire à s’affranchir, le cas échéant, d’une telle constatation.</strong></em></p>
<h3>La Cour de justice va confronté la décision de la Commission 2000/520 aux dispositions de la Charte</h3>
<ul>
<li style="text-align: justify;">La Cour rattache à cette saisie de la juridiction irlandaise la question de la validité de cette décision de la Commission</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em>67      Ainsi qu’il ressort des explications de la juridiction de renvoi relatives aux questions posées, M. Schrems fait valoir, dans la procédure au principal, que le droit et les pratiques des États-Unis n’assurent pas un niveau de protection adéquat au sens de l’article 25 de la directive 95/46. <strong>Comme l’a relevé M. l’avocat général</strong> aux points 123 et 124 de ses conclusions, M. Schrems émet des doutes, que cette juridiction paraît d’ailleurs partager en substance, <strong>concernant la validité de la décision 2000/520</strong>. Dans de telles circonstances, eu égard aux constatations faites aux points 60 à 63 du présent arrêt, et afin de donner une réponse complète à ladite juridiction, il convient d’examiner si cette décision est conforme aux exigences découlant de cette directive, lue à la lumière de la Charte.</em></p>
<p>Effectivement l’article 8 de la Charte de l’Union porte sur la Protection des données à caractère personnel :</p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>1. Toute personne a droit à la protection des données à caractère personnel la concernant.</em></p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>2. Ces données doivent être traitées loyalement, à des fins déterminées et sur la base du consentement de la personne concernée ou en vertu d&rsquo;un autre fondement légitime prévu par la loi. <strong>Toute personne a le droit d&rsquo;accéder aux données collectées la concernant et d&rsquo;en obtenir la rectification.</strong></em></p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>3. Le respect de ces règles est soumis au<strong> contrôle d&rsquo;une autorité indépendant</strong>e.</em></p>
<p style="text-align: justify;">La Charte de l&rsquo;Union est <a href="http://www.europarl.europa.eu/charter/pdf/text_fr.pdf">là</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">La Charte de l’Union s’est vue reconnaitre la même valeur que les traités de l’Union par l’article 6 du Traité de Lisbonne. Le Traite de Lisbonne est <a href="http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:12007L/TXT&amp;from=fr">là</a>.</p>
<ul>
<li style="text-align: justify;">La Cour indique que les autorités nationales de contrôle n’ont pas vu leur pouvoir exclu en cas de transfert des données hors de l’Union</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em>56  En outre, <strong>il serait contraire au système</strong> mis en place par la directive 95/46 ainsi qu’à la finalité des articles 25 et 28 de celle-ci <strong>qu’une décision de la Commission</strong> adoptée au titre de l’article 25, paragraphe 6, de ladite directive<strong> ait pour effet d’empêcher une autorité nationale de contrôle d’examiner la demande d’une personne relative à la protection de ses droits et libertés</strong> à l’égard du traitement de ses données à caractère personnel qui ont été ou pourraient être transférées depuis un État membre vers un pays tiers visé par cette décision.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>    57  <strong>Ni l’article 8, paragraphe 3, de la Charte ni l’article 28 de la directive 95/46 n’excluent du domaine de compétence des autorités nationales de contrôle le contrôle des transferts de données à caractère personnel</strong> vers des pays tiers ayant fait l’objet d’une décision de la Commission au titre de l’article 25, paragraphe 6, de cette directive.</em></p>
<h3>Le contrôle par la Cour de Justice de  la décision de la Commission</h3>
<ul>
<li>La protection des données personnelles constitue un droit fondamental de l’Union et à ce titre la Commission ne dispose que d&rsquo;un pouvoir réduit d&rsquo;appréciation du niveau de protection pour prendre sa décision</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em>78      À cet égard, il convient de constater que, compte tenu, d’une part, du rôle important que joue la protection des données à caractère personnel au regard du droit fondamental au respect de la vie privée et, d’autre part, du nombre important de personnes dont les droits fondamentaux sont susceptibles d’être violés en cas de transfert de données à caractère personnel vers un pays tiers n’assurant pas un niveau de protection adéquat, <strong>le pouvoir d’appréciation de la Commission quant au caractère adéquat du niveau de protection assuré par un pays tiers s’avère réduit</strong>, de sorte qu’il convient de procéder à un contrôle strict des exigences découlant de l’article 25 de la directive 95/46, lu à la lumière de la Charte (voir, par analogie, arrêt Digital Rights Ireland e.a., C‑293/12 et C‑594/12, EU:C:2014:238, points 47 et 48).</em></p>
<ul>
<li>La Commission n’a pas suffisamment vérifié l’effectivité du niveau de protection aux Etats-Unis</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em>83      En outre, en vertu de l’article 2 de la décision 2000/520, cette dernière «concerne uniquement le caractère adéquat de la protection fournie aux États-Unis par les principes [de la sphère de sécurité] mis en œuvre conformément aux FAQ en vue de répondre aux exigences de l’article 25, paragraphe 1, de la directive [95/46]», <strong>sans pour autant contenir les constatations suffisantes quant aux mesures par lesquelles les États-Unis d’Amérique assurent un niveau de protection adéquat</strong>, au sens de l’article 25, paragraphe 6, de cette directive, en raison de leur législation interne ou de leurs engagements internationaux.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>86      Ainsi, la décision 2000/520<strong> consacre la primauté des «exigences relatives à la sécurité nationale, [à] l’intérêt public et [au] respect des lois des États-Unis»</strong> sur les principes de la sphère de sécurité, primauté en vertu de laquelle <strong>les organisations américaines autocertifiée</strong>s recevant des données à caractère personnel depuis l’Union sont tenues d’écarter, sans limitation, ces principes lorsque ces derniers entrent en conflit avec ces exigences et s’avèrent donc incompatibles avec celles‑ci.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>87      Eu égard <strong>au caractère général de la dérogation</strong> figurant à l’annexe I, quatrième alinéa, de la décision 2000/520, celle-ci rend ainsi possible des ingérences, fondées sur des exigences relatives à la sécurité nationale et à l’intérêt public ou sur la législation interne des États-Unis, dans les droits fondamentaux des personnes dont les données à caractère personnel sont ou pourraient être transférées depuis l’Union vers les États-Unis. À cet égard, il importe peu, pour établir l’existence d’une ingérence dans le droit fondamental au respect de la vie privée, que les informations relatives à la vie privée concernées présentent ou non un caractère sensible ou que les intéressés aient ou non subi d’éventuels inconvénients en raison de cette ingérence (arrêt Digital Rights Ireland e.a., C‑293/12 et C‑594/12, EU:C:2014:238, point 33 et jurisprudence citée).</em></p>
<p>S’agissant de la protection d’un droit fondamental, la Commission n’a pas pu valablement restreindre cette protection sans critère objectif et proportionné à l’objectif poursuivi par les autorités américaines.  C’est le caractère trop général de cette décision qui est sanctionné par la Cour de justice</p>
<p style="text-align: justify;"><em>92      En outre et surtout, <strong>la protection du droit fondamental au respect de la vie privée au niveau de l’Union exige que les dérogations à la protection des données à caractère personnel et les limitations de celle-ci s’opèrent dans les limites du strict nécessaire</strong> (arrêt Digital Rights Ireland e.a., C‑293/12 et C‑594/12, EU:C:2014:238, point 52 et jurisprudence citée).</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>93      Ainsi, n’est pas limitée au strict nécessaire une réglementation qui autorise de manière généralisée la conservation de l’intégralité des données à caractère personnel de toutes les personnes dont les données ont été transférées depuis l’Union vers les États-Unis sans qu’<strong>aucune différenciation, limitation ou exception soit opérée en fonction de l’objectif poursuivi et sans que soit prévu un critère objectif</strong> permettant de délimiter l’accès des autorités publiques aux données et leur utilisation ultérieure à des fins précises, strictement restreintes et susceptibles de justifier l’ingérence que comportent tant l’accès que l’utilisation de ces données [voir en ce sens, en ce qui concerne la directive 2006/24/CE du Parlement européen et du Conseil, du 15 mars 2006, sur la conservation de données générées ou traitées dans le cadre de la fourniture de services de communications électroniques accessibles au public ou de réseaux publics de communications, et modifiant la directive 2002/58/CE (JO L 105, p. 54), arrêt Digital Rights Ireland e.a., C‑293/12 et C‑594/12, EU:C:2014:238, points 57 à 61].</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>94      En particulier, <strong>une réglementation permettant aux autorités publiques d’accéder de manière généralisée au contenu de communications électroniques doit être considérée comme portant atteinte au contenu essentiel du droit fon</strong></em><strong>damental</strong> au respect de la vie privée, tel que garanti par l’article 7 de la Charte (voir, en ce sens, arrêt Digital Rights Ireland e.a., C‑293/12 et C‑594/12, EU:C:2014:238, point 39).</p>
<ul>
<li>L’absence de vérification par la Commission que les citoyens européens disposent  d’un droit de contrôle effectif par l’accès au juge équivalent à celui garanti dans l’ordre juridique de l’Union</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em>95      De même, <strong>une réglementation ne prévoyant aucune possibilité pour le justiciable d’exercer des voies de droit afin d’avoir accès à des données à caractère personnel le concernant,</strong> ou d’obtenir la rectification ou la suppression de telles données, <strong>ne respecte pas le contenu essentiel du droit fondamental</strong> à une protection juridictionnelle effective, tel que consacré à l’article 47 de la Charte. En effet, l’article 47, premier alinéa, de la Charte exige que toute personne dont les droits et libertés garantis par le droit de l’Union ont été violés ait droit à un recours effectif devant un tribunal dans le respect des conditions prévues à cet article. À cet égard, <strong>l’existence même d’un contrôle juridictionnel effectif destiné à assurer le respect des dispositions du droit de l’Union est inhérente à l’existence d’un État de droit</strong> (voir, en ce sens, arrêts Les Verts/Parlement, 294/83, EU:C:1986:166, point 23; Johnston, 222/84, EU:C:1986:206, points 18 et 19; Heylens e.a., 222/86, EU:C:1987:442, point 14, ainsi que UGT‑Rioja e.a., C‑428/06 à C‑434/06, EU:C:2008:488, point 80).</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>96      Ainsi qu’il a été constaté notamment aux points 71, 73 et 74 du présent arrêt, l’adoption par la Commission d’une décision au titre de l’article 25, paragraphe 6, de la directive 95/46 <strong>exige la constatation dûment motivée</strong>, de la part de cette institution, que le pays tiers concerné assure effectivement, en raison de sa législation interne ou de ses engagements internationaux, un niveau de protection des droits fondamentaux substantiellement équivalent à celui garanti dans l’ordre juridique de l’Union, tel qu’il ressort notamment des points précédents du présent arrêt.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>97      Or, il y a lieu de relever que <strong>la Commission n’a pas fait état, dans la décision 2000/520, de ce que les États-Unis d’Amérique «assurent» effectivement un niveau de protection adéquat</strong> en raison de leur législation interne ou de leurs engagements internationaux.</em></p>
<ul>
<li> L’article 3 de la décision 2000/520 a limité le pouvoir de contrôle des autorités nationales</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em>99      Il ressort des considérations exposées aux points 53, 57 et 63 du présent arrêt que, au regard de l’article 28 de la directive 95/46, lu à la lumière notamment de l’article 8 de la Charte,<strong> les autorités nationales de contrôle doivent pouvoir examiner, en toute indépendance,</strong> toute demande relative à la protection des droits et libertés d’une personne à l’égard du traitement de données à caractère personnel la concernant. Il en va en particulier ainsi lorsque, à l’occasion d’une telle demande, cette personne soulève des interrogations quant à la compatibilité d’une décision de la Commission adoptée au titre de l’article 25, paragraphe 6, de cette directive avec la protection de la vie privée et des libertés et droits fondamentaux des personnes.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>100    Cependant, l’article 3, paragraphe 1, premier alinéa, de la décision 2000/520 <strong>prévoit une réglementation spécifique quant aux pouvoirs dont disposent les autorités nationales de contrôle</strong> au regard d’une constatation effectuée par la Commission relativement au niveau de protection adéquat, au sens de l’article 25 de la directive 95/46.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>101    Ainsi, aux termes de cette disposition, ces autorités peuvent, «[s]ans préjudice de leurs pouvoirs de prendre des mesures visant à assurer le respect des dispositions nationales adoptées en application de dispositions autres que celles de l’article 25 de la directive [95/46], […] suspendre les flux de données vers une organisation adhérant aux principes [de la décision 2000/520]», dans des conditions restrictives établissant un seuil élevé d’intervention. Si cette disposition ne porte pas préjudice aux pouvoirs de ces autorités de prendre des mesures visant à assurer le respect des dispositions nationales adoptées en application de cette directive, elle exclut, <strong>en revanche, la possibilité pour lesdites autorités de prendre des mesures visant à assurer le respect de l’article 25 de cette même directive</strong>.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>102    <strong>L’article 3, paragraphe 1, premier alinéa, de la décision 2000/520 doit donc être compris comme privant les autorités nationales de contrôle des pouvoirs</strong> qu’elles tirent de l’article 28 de la directive 95/46, dans le cas où une personne avance, à l’occasion d’une demande au titre de cette disposition, des éléments susceptibles de remettre en cause la compatibilité avec la protection de la vie privée et des libertés et droits fondamentaux des personnes d’une décision de la Commission ayant constaté, sur le fondement de l’article 25, paragraphe 6, de cette directive, qu’un pays tiers assure un niveau de protection adéquat.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>103    Or, <strong>le pouvoir d’exécution accordé par le législateur de l’Union à la Commission à l’article 25, paragraphe 6, de la directive 95/46 ne confère pas à cette institution</strong> la compétence de restreindre les pouvoirs des autorités nationales de contrôle visés au point précédent du présent arrêt.</em></p>
<p style="text-align: justify;">La Cour a donc annulé la décision de la Commission.</p>
<p>L’article <a href="https://www.schmitt-avocats.fr/reglement-2016679-rgpd/donnees-personnelles-collectes-massives-surveillance/">les données personnelles à l&rsquo;heure des collectes massives et de leur surveillance</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.schmitt-avocats.fr">Philippe Schmitt Avocats</a>.</p>
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