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	<title>Archives des Licence d&#039;office - Philippe Schmitt Avocats</title>
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	<description>Marques, modèles, brevets, données personnelles et industrielles.</description>
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	<title>Archives des Licence d&#039;office - Philippe Schmitt Avocats</title>
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		<title>Brevets sur les vaccins Covid 19 : pour une collaboration renforcée entre les états et les laboratoires sur les infrastructures.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Philippe Schmitt]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 May 2021 07:24:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Licence d'office]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Article publié le 25 mai complété avec l’extrait de la déclaration du 18 mai 2021. Entre le 5 et le 18 mai, le débat sur le rôle des brevets s’est complètement retourné. Il est grand temps de mettre à profit les investissements considérables dus à la Covid 19 pour se préparer à la prochaine pandémie.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.village-justice.com/articles/covid-les-brevets-sur-les-vaccins-pour-une-collaboration-renforcee-des,39249.html"><span style="font-size: 14pt;">Article publié le 25 mai</span></a><span style="font-size: 14pt;"> complété avec l’extrait de la déclaration du 18 mai 2021.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><em>Entre le 5 et le 18 mai, le débat sur le rôle des brevets s’est complètement retourné. Il est grand temps de mettre à profit les investissements considérables dus à la Covid 19 pour se préparer à la prochaine pandémie.</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Près de 200 candidats vaccins sont recensés par l’OMS. Certains sont déjà médiatisés Sinopharm, Sinovac, Spoutnik V, Bharat Biotech (Covaxin) , Mambisa, Abdala, Soberana (1 et 2). D’autres sont mis sur le marché européen Pfizer/BioNTech (Comimaty), Moderna, Astrazeneca (Vaxzeria), et Johnson&amp;Johnson (Janssen).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Pour leur production, différentes techniques (adenovirus, virus entier inactivé, sous-unitaire, ARN…) sont mises en œuvre. Certaines de ces techniques sont anciennes. D’autres plus récentes sont protégées par des brevets, par des demandes de brevets ou probablement par de telles demandes non encore publiées, ou encore par des secrets des affaires ou des savoir-faire, auxquels s’ajoute la protection des données relatives à leur autorisation de mise sur le marché.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Depuis quelques semaines, ces monopoles focalisent l’attention.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Le 5 mai, la Secrétaire d’État au Commerce des États-Unis se déclare favorable à la levée des brevets, &#8211; notion non définie en droit international des brevets, ou s’agirait-il des licences d’office ? &#8211; sans que les vaccins concernés par des droits nationaux de brevet encore en vigueur ne soient détaillés.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Pour le dire autrement, si la technologie à ARN est la plus médiatisée, avec des brevets de l’université de Pennsylvanie remontant au début des années 2 000 et ultérieurement avec des demandes de brevet d’autres sociétés dont les deux premières à avoir mis le marché un vaccin, Pfizer/BioNTech et Moderna &#8211; société qui dès octobre 2020 a déclaré ne pas opposer ses brevets pendant la pandémie -, la situation de la propriété industrielle sur les autres vaccins notamment ceux d’origine européenne, chinoise, russe, indienne ou cubaine ne semble pas susciter d’intérêt. Pourtant la levée de tous les monopoles sur les vaccins actuels à ARN dissuadera les laboratoires de poursuivre leurs recherches sur toutes les technologies tant que ces deux premiers vaccins lutteront efficacement contre le virus et ses variants et reportera leur production sur cette seule technique.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Si cette levée des brevets devait aboutir à la mise en œuvre des licences dites d’office ou obligatoires (Voir <a href="https://www.village-justice.com/articles/licence-office-covid-illusion-moindre-cout,38973.html">Licence d’office et Covid 19 : l’illusion du moindre coût</a>), c’est-à-dire à des mécanismes nationaux soumis à des conditions rigoureuses et qui ne portent que sur les techniques brevetées, dont d’ailleurs pour prendre l’exemple français, il n’est pas établi que ces conditions soient remplies pour les 4 vaccins actuels, les candidats à de telles licences conditionneront leur intervention à des financements publics pour leurs infrastructures de production et à l’obtention de quotas garantis par l’Etat d’achats de doses. Situation très éloignée de la concurrence parfaite vantée par les économistes hostiles par principe aux brevets.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">A l’opposé de cette déclaration du début mai, le 18 mai, le Sommet sur les économies africaines, érige en bien commun l’immunisation des populations, et non les brevets.</span></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><em>Dans l’immédiat, la priorité absolue est de vaincre la pandémie. Nous reconnaissons le rôle d’une <strong>immunisation à grande échelle</strong> contre la Covid-19 en tant que <strong>bien public mondial</strong> et nous unissons nos efforts pour veiller à u<strong>n accès équitable en Afrique à des vaccins, des traitements et des moyens de diagnostic sûrs et abordables grâce au dispositif pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre la Covid-19</strong> (Accélérateur ACT) et à sa facilité COVAX, ainsi qu’à l’initiative AVATT de l’Union africaine. Nous nous efforcerons d’accélérer ces efforts pour faire en sorte que l’Afrique <strong>reçoive davantage</strong> de vaccins, notamment en partageant les doses, <strong>en soutenant les garanties de marché</strong> et <strong>en favorisant le commerce tout au long de la chaîne de valeur</strong>, ainsi qu’<strong>en développant les capacités locales nécessaires à la distribution des vaccins</strong>. Nous devons aussi, <strong>en partenariat avec le secteur privé</strong>, accélérer la production de vaccins <strong>en renforçant les capacités locales</strong> sur le continent africain. Cela peut être facilité par <strong>un partage volontaire de la propriété intellectuelle et par le transfert actif des technologies et du savoir-faire, conformément aux cadres juridiques internationaux, par exemple par la mise en commun des licences et la conclusion d’accords de fabrication pour permettre une production locale.</strong></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Liste des participants au sommet ayant adopté la déclaration :<br />
</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><em>Pays :</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><em><strong>Afrique du sud</strong>, Algérie, Allemagne, Angola, Arabie saoudite, Belgique, Benin, Burkina Faso, Cameroun, Canada, Chine, Comores, Congo, RD Congo, Côte d’Ivoire, Egypte, Emirats arabes unis, Espagne, <strong>Etats-Unis,</strong> Ethiopie, France, Ghana, Italie, Japon, Kenya, Mali, Maroc, Maurice, Mauritanie, Mozambique, Niger, Nigeria, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Rwanda, Sénégal, Soudan, Tanzanie, Tchad, Togo, Tunisie, Zambie.</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><em>Ainsi que le Président en exercice de l’Union africaine, le Président de la Commission de l’Union africaine, le Président du Conseil européen et la Présidente de la Commission européenne.</em></span></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Les pays signataires dont la France, l’Afrique du Sud, la Chine et les États-Unis se déclarent en faveur d’une meilleure distribution des doses de vaccin par l’application des règles du commerce, éventuellement pour accélérer leur production locale par un partage volontaire de la propriété intellectuelle.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Aurions-nous mal compris la déclaration du 5 mai de la représentante des États-Unis ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">En une dizaine de jours des positions a priori contraires ont donc été exprimées sur l’impact du droit des brevets qui d’obstacle à l’accès aux vaccins, en devient un des moteurs.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Restent les questions de l’augmentation des capacités de production et de l’accès aux vaccins pour les populations les moins favorisées, objectifs essentiels en cas de pandémie mondiale.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Si les difficultés de production en masse des vaccins se trouvent dans l’étalement de la chaîne de valeur, la multiplication des intervenants et les goulets d’approvisionnement, on comprend que des mesures autoritaires qui permettraient à d’autres que les exploitants originaires et sans leur accord, la fabrication des vaccins risquerait de désorganiser encore davantage ces filières. A cela s’ajouterait la méfiance des populations face à ces « <em>génériques par anticipation</em> », car les vaccins étant destinés à des personnes non malades, ils doivent présenter une qualité non discutable.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Au-delà de cette polémique sur le monopole du brevet, qui a été maintes fois adapté, en particulier lors de la déréglementation des télécommunications en le plaçant sous le régime des facilités essentielles et des licences équitables, raisonnables et non discriminatoires, la Covid-19 se caractérise par un interventionnisme étatique à un niveau jamais atteint. A se limiter aux seuls vaccins, le financement des travaux de R&amp;D et des sites de production a pu intervenir par des financements directs, &#8211; à l’exemple du BARDA (Biomedical Advanced Research and Development Authority) &#8211; ou par des préachats massifs de doses auprès des laboratoires promoteurs de candidats vaccins par l’Union Européenne au printemps dernier. Et ce sont les Etats qui achètent auprès des fabricants les vaccins et en supportent les coûts de distribution et d’injection auprès de leur population.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Tout est réuni pour l’organisation des infrastructures de production des vaccins issues des partenariats d’entités publiques et d’entreprises privées sous contrôle d’instances régionales ou interrégionales d’autant que la disparition de cette pandémie avec l’été n’est plus envisageable.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Dès à présent, c’est à la prochaine pandémie que nous devons nous préparer et à cette fin, concevoir aussi la maintenance de ces infrastructures pour qu’elles soient rapidement opérationnelles sans attendre de longs mois.</span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p>L’article <a href="https://www.schmitt-avocats.fr/brevets-sur-les-vaccins-covid-19-pour-une-collaboration-renforcee-entre-les-etats-et-les-laboratoires-sur-les-infrastructures/">Brevets sur les vaccins Covid 19 : pour une collaboration renforcée entre les états et les laboratoires sur les infrastructures.</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.schmitt-avocats.fr">Philippe Schmitt Avocats</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Licence d’office et Covid 19 : l’illusion du moindre coût.</title>
		<link>https://www.schmitt-avocats.fr/licence-office-covid-19-illusion-moindre-cout/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Schmitt]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Apr 2021 13:28:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Licence d'office]]></category>
		<category><![CDATA[8 avril 2021]]></category>
		<category><![CDATA[article]]></category>
		<category><![CDATA[proposition de loi]]></category>
		<category><![CDATA[Sénat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>(article publié sur le site du village de la justice le 28 avril 2021) En Europe, la lutte contre la pandémie se caractérise pas d’importants financements publics sans mise en œuvre de licence d’office dans l’intérêt de la santé publique. La proposition de loi déposée début avril au Sénat relance le débat sur l’opportunité de</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.village-justice.com/articles/licence-office-covid-illusion-moindre-cout,38973.html">(article publié sur le site du village de la justice le 28 avril 2021)</a></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="font-size: 14pt;">En Europe, la lutte contre la pandémie se caractérise pas d’importants financements publics sans mise en œuvre de licence d’office dans l’intérêt de la santé publique. La proposition de loi déposée début avril au Sénat relance le débat sur l’opportunité de cet outil issu du droit des brevets. <a href="https://www.schmitt-avocats.fr/brevet/licence-doffice/licence-office-covid-19-illusion-moindre-cout/attachment/2021-04-08-senat-proposition-loi-senat/">La proposition de loi</a></span></em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Face à une pandémie mondiale, la vaccination a <strong>deux objectifs</strong> : <strong>éviter les formes graves</strong> si ce n’est même mortelles des conséquences du virus, ralentir si ce n’est <strong>empêcher les variants</strong> ou pire encore les mutations du virus. Rappelons en effet, que de nouvelles souches virales pourraient remettre en cause les vaccinations déjà entreprises et les formulations des vaccins actuels, tristes horizons avec leur cortège de nouveaux travaux de recherche et de développement, et de nouvelles procédures d’autorisation de mise sur le marché, autant d’aléas qui reporteraient la sortie de crise.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Dans cette perspective de vaccination mondiale quelle place accorder à <strong>la proposition de loi du 8 avril 2021 « <em>autorisant l’octroi de licence d’office de brevet dans l’intérêt de la santé publique en cas d’extrême urgence sanitaire</em> »</strong> présentée par Monsieur le Sénateur Le Gleut [<a href="https://www.village-justice.com/articles/licence-office-covid-illusion-moindre-cout,38973.html#nb2-1">1</a>] ? Permet-elle de faire passer le droit collectif à la sécurité pour tous avant les monopoles commerciaux de quelques-uns [<a href="https://www.village-justice.com/articles/licence-office-covid-illusion-moindre-cout,38973.html#nb2-2">2</a>] ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>La licence d’office existe déjà en droit français. A</strong>près une tentative infructueuse de rapprochement avec le titulaire du brevet, sur avis du Ministre de la santé, le Ministre des finances par arrêté ouvre la possibilité à des tiers d’obtenir une licence non exclusive, dont le montant de la redevance est fixé d’un commun accord, et à défaut par décision judiciaire [<a href="https://www.village-justice.com/articles/licence-office-covid-illusion-moindre-cout,38973.html#nb2-3">3</a>]. Même si aucune licence d’office n’a jamais été mis en œuvre en France, <strong>l’Etat <em>a priori</em> reste étranger aux flux financiers</strong>, il n’encaisse pas le montant de la redevance qui est versé directement par le bénéficiaire de la licence d’office au breveté, Hormis son intervention réglementaire, aucun coût financier n’est supporté par l’Etat. On le pressent, le mécanisme de la licence d’office tranche par rapport aux importants concours financiers apportés par les gouvernements en faveur des laboratoires depuis le début 2020. <strong>Comment les Etats auraient-ils pu manqué cet outil si économe des deniers publics ?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>1°) La réhabilitation du droit des brevets.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">« <em>le droit des brevets pose lui-même cette limite au droit du breveté afin d’éviter un exercice du droit de propriété qui serait injustifiée au regard du besoin d’accès du public aux produits brevetés</em> ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Principal intérêt de cette proposition, <strong>elle répond aux critiques faites aux brevets qui leur attribuent l’insuffisance de la production vaccinale</strong>, en les qualifiant de « <em>raisonnements simplistes</em> ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Les motifs de cette proposition rappellent qu’« <em>il ne faut pas oublier que les brevets récompensent des recherches, souvent longues et coûteuses, par une exclusivité temporaire d’exploitation de l’invention faite. Ils participent également à la divulgation, et donc à la diffusion des résultats de la recherche, puisque la divulgation de l’invention est une condition de l’obtention du brevet</em> » et que <strong>la licence d’office dans l’intérêt de la santé publique</strong>, dispositif prévu par le droit des brevets, « <strong><em>permet d’assouplir l’accès aux inventions brevetées dans une perspective d’intérêt général permettant à des entreprises de fabriquer des vaccins et traitements mises au point par d’autres</em></strong> ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Et cette proposition rappelle l’existence de la licence dans l’intérêt de la santé « <em>dans d’autres systèmes juridiques</em> » comme par exemple l’accord ADPIC de 1994 [<a href="https://www.village-justice.com/articles/licence-office-covid-illusion-moindre-cout,38973.html#nb2-4">4</a>].</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Le droit des brevets ainsi réhabilité, cette proposition s’inscrit dans « <em>la recherche d’un mécanisme équilibré et optimisé</em> » entre « <em>une expropriation qui risquerait de décourager pour l’avenir les investissements tournés vers la recherche</em> », d’une part et « <em>un accès aux médicaments</em> » d’autre part.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>2°) Des aménagements notables au régime français de la licence d’office de brevet et à celui de l’autorisation de mise sur le marché.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>2-1°) L’extension de la licence d’office aux demandes de brevet et son application à une nouvelle situation « <em>l’extrême urgence sanitaire</em> ».</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Seraient ajoutées aux titres susceptibles d’être soumis à la licence d’office, <strong>les demandes de brevet</strong>, puisqu’actuellement la licence d’office n’a pour objet que les seuls brevets délivrés, l’examen des demandes de brevet déposées à l’occasion de ces nouveaux vaccins prenant classiquement plusieurs années. Mais cette extension des possibles est-elle suffisante ? Les demandes de brevets ne sont pas publiées juste après leur dépôt, mais le plus souvent dans un délai de 18 mois. <strong>Au regard des travaux de recherche et de développement effectués pendant l’année 2020, la situation des demandes éventuellement déposées ne serait connue que courant 2022, ce qui reporterait d’autant ces premières licences.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Autres difficultés spécifiques aux productions actuelles de vaccins, la multiplication des fabrications s<strong>ous différents brevets de procédés, de formulations ou encore de produits</strong> dont la multiplication des titulaires ou des exploitants va de pair avec <strong>l’étalement de la chaîne de valeur</strong> répartie entre sous-traitants et fournisseurs de produits intermédiaires.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Comme le rappelait la Présidente de la Commission « <em>On ne peut pas mettre en place un site de production du jour au lendemain. Sa production intègre jusqu’à 400 composants différents et implique jusqu’à 100 entreprises</em> » [<a href="https://www.village-justice.com/articles/licence-office-covid-illusion-moindre-cout,38973.html#nb2-5">5</a>].</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Une nouvelle situation est créée pour l’ouverture à la licence d’office : « <em>l’extrême urgence sanitaire</em> », que la proposition sénatoriale définit comme la période avant que « <em>l’irréparable ne survienne à savoir que certains patients se voient refuser des soins faute de produits disponibles</em> ». Ne plus attendre que les quantités des produits sous brevet soient insuffisantes ou que leur prix soit anormalement élevé, mais <strong>anticiper cette situation au jour où l’arrêté de classement du brevet sous le régime de la licence d’office interviendra</strong>. Toutefois, cette définition n’est pas reprise aux modifications proposées du Code de la propriété industrielle. S’agissant des vaccins et non des médicaments, cette situation serait à apprécier non par un lien causal évident mais par la probabilité que les personnes soient infectées et développent des pathologies mortelles.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>2-2°) Le franchissement facilité du seuil réglementaire.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">L’entreprise candidate au bénéfice de la licence d’office et qui remplira les conditions fixées soit à l’arrêté soit à un appel d’offres ultérieur du gouvernement, &#8211; le prix de la redevance pouvant aussi être reporté à une discussion ultérieure entre le breveté et le candidat à cette licence -, devrait encore <strong>franchir le seuil réglementaire qui conditionne la mise sur le marché de son vaccin, c’est-à-dire d’exploiter l’invention</strong>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Le texte proposé prévoit de faciliter l’obtention des autorisations sanitaires. Soit par <strong>une autorisation temporaire d’utilisation</strong> (ATU) qui n’est autorisée actuellement qu’en l’absence de traitement approprié, et donc inapplicable en cas d’exploitation première en date par le breveté, et qui pourrait s’appliquer à ce licencié qui choisirait d’exploiter l’invention de manière différence de celle du breveté. Soit pour <strong>la production d’un vaccin que l’on pourrait dénommer de générique avant l’heure,</strong> en ayant accès aux données de l’AMM de l’exploitant historique du vaccin breveté, cet accès étant intégré dans le savoir-faire dont la proposition sénatoriale prévoit « <em>la mise à disposition de tous les éléments nécessaires à la commercialisation de l’invention</em> ». <strong>La licence d’office ne se limiterait donc pas uniquement à une licence sur un brevet !</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">C’est là l’innovation législative la plus importante mais aussi ce qui en constitue la limite.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Classiquement si la production d’un vaccin peut être soumise à un brevet, elle peut requérir aussi la mise en œuvre <strong>d’autres informations qualifiées de secrets des affaires et de savoir-faire.</strong> Si certaines de ces informations sont communiquées à l’appui de la demande d’AMM, par le premier exploitant en date de l’invention, tous ses secrets des affaires et tous ses savoir-faire industriels ne s’y trouvent pas. Pour le laboratoire qui aura réussi le premier à obtenir un vaccin, il faut douter que <strong>le montant de la redevance puisse compenser l’effet contreproductif d’une telle disposition</strong>. Sans débattre ici de l’accessibilité de ces informations quand la demande a été déposée à l’Agence européenne du médicament, à cette proposition de loi rien n’est dit sur le mécanisme pour contraindre ce premier exploitant à communiquer les informations industrielles requises, <strong>mécanisme d’autant plus difficile à envisager quand les sites de production du vaccin ne se trouvent pas sur le territoire français, que le breveté n’est pas l’exploitant et que ce premier exploitant premier en date recourt à la sous-traitance !</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>3°) La licence d’office franco-française ne permet pas un accès mondial aux vaccins.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Une situation franco-française</strong>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Le cadre strictement franco-français de ce texte le pénalise. <strong>Comment envisager la protection de la seule population française sans tenir compte de la situation de nos voisins européens ?</strong> Le bénéficiaire de la licence d’office s’interdirait-il d’expédier une partie de sa production au sein de l’Union, ce qui n’est pas acceptable pour tout européen [<a href="https://www.village-justice.com/articles/licence-office-covid-illusion-moindre-cout,38973.html#nb2-6">6</a>]. Rien n’est dit à cette proposition de loi sur les qualités attendues du ou des candidats à cette licence ni a fortiori de la localisation de ses sites de production.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Un système en rupture avec la position commune européenne.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Cette licence d’office franco-française viendrait percuter frontalement le choix de <strong>la Commission</strong> qui à l’initiative de plusieurs états dont la France, a organisé <strong>l’approvisionnement en vaccins</strong> et qui montre la nécessité d’intégrer la santé publique dans les compétences européennes. Également une telle licence si elle était mise en œuvre tournerait le dos <strong>aux tentatives de mutualisation de la production</strong> des vaccins en direction des autres continents et de leur accès équitable [<a href="https://www.village-justice.com/articles/licence-office-covid-illusion-moindre-cout,38973.html#nb2-7">7</a>].</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Rappelons ici une autre singularité de cette pandémie, qui la différencie des problématiques classiques de la licence d’office appliquée aux médicaments. Dès le début 2020, de très importants financements publics sont intervenus au soutien des laboratoires. L’Union européenne [<a href="https://www.village-justice.com/articles/licence-office-covid-illusion-moindre-cout,38973.html#nb2-8">8</a>] y a contribué par des précommandes de doses pour des vaccins qui n’existaient pas encore !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Le candidat à cette licence publique sollicitera financièrement les pouvoirs publics</strong>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Revenons sur les techniques vaccinales en cause [<a href="https://www.village-justice.com/articles/licence-office-covid-illusion-moindre-cout,38973.html#nb2-9">9</a>]. Aujourd’hui, elles sont à classer en quatre catégories, ARN messager, adénovirus, virus inactivés et les sous-unitaires. Si certaines de ces techniques sont anciennes, d’autres sont beaucoup plus récentes. Sauf à imaginer le candidat à la licence d’office maîtriser déjà la technique en cause &#8211; mais pour quelles raisons ne l’exploite-t-il pas de son côté ? -, comment établir des capacités de production sans justifier des financements importants pour ceux-ci. Autrement dit, il est fort probable que <strong>ce candidat à la licence d’office monétiserait son intervention à un financement public comme ceux obtenus par les laboratoires qui ont déjà mis sur le marché des vaccins.</strong> Une telle licence d’office dans l’intérêt de la santé publique aurait perdu ce qui la caractérise une intervention étatique strictement limitée au réglementaire !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Des goulets d’étranglement des productions industrielles.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Sauf à assimiler les patients à des consommateurs, comment ne pas tenir compte de la montée en production des vaccins conditionnée à leur autorisation de mise sur le marché. <strong>Des difficultés d’approvisionnement en vaccins peuvent avoir plusieurs causes.</strong> Parmi les plus fréquemment rencontrées en industrie, retards de livraison des nouvelles unités de productions, délais pour leur montée en charge, ruptures d’approvisionnements en produits intermédiaires, défaillances de sous-traitants, autant de goulets d’étranglement qui auraient dû être traités par les dispositifs contractuels qui ont accompagné ces financements publics, y compris d’éventuels transferts technologiques à accorder à des tiers ou même le contrôle des unités de production.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Des incertitudes industrielles aussi pour ce licencié</strong>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Toutes ces incertitudes seront également pour le bénéficiaire de la licence d’office pour lequel s’ajoutera la bonne volonté du breveté de lui transmettre toutes les informations nécessaires, <strong>obligation difficilement remplie quand le brevet n’est pas l’exploitant du vaccin.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Imagine-t-on enfin l<strong>e gouvernement réservant par avance</strong> des quantités de doses auprès du candidat à la licence d’office avant même que celui-ci ait réellement débuté sa production, <strong>et se privant ainsi</strong> de la possibilité de s’adresser aux exploitants historiques bénéficiaires des infrastructures industrielles déjà en place ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Ne nous sommes-nous pas trompés de débats ?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Après des mécanismes publics du début 2020 avec les préachats de doses, les financements publics [<a href="https://www.village-justice.com/articles/licence-office-covid-illusion-moindre-cout,38973.html#nb2-10">10</a>] contribuent aux développements des infrastructures des laboratoires qui ont réussi, en construisant de nouvelles usines et devraient s’étendre à tous les produits nécessaires pour faire face à cette pandémie.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">L’enjeu aujourd’hui est <strong>un renforcement des capacités industrielles de production.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Quittons l’illusion de la licence d’office</strong>, et mettons à profit ces investissements pour <strong>développer des instruments juridiques sur ces infrastructures</strong> capables de répondre aux impératifs d’une vaccination mondiale. <strong>Évitons le nationalisme vaccinal</strong>. Comme l’a rappelé Monsieur Thierry Breton [<a href="https://www.village-justice.com/articles/licence-office-covid-illusion-moindre-cout,38973.html#nb2-11">11</a>] « <em>le libre accès aux brevets ne résoudrait pas le problème de temps auquel nous sommes confrontés aujourd’hui</em> ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Philippe Schmitt Avocat<br />
<a href="https://www.schmitt-avocats.fr">www.schmitt-avocats.fr</a></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Notes de l&rsquo;article:</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">[<a href="https://www.village-justice.com/articles/licence-office-covid-illusion-moindre-cout,38973.html#nh2-1">1</a>] Sénat n° 524, enregistrée à la Présidence du sénat le 8 avril 2021.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">[<a href="https://www.village-justice.com/articles/licence-office-covid-illusion-moindre-cout,38973.html#nh2-2">2</a>] Tribune signée par un collectif d’anciens chefs d’Etats et de gouvernements, et des lauréats du prix Nobel, Libération, du 15 avril 2021, « Président Joe Biden, faites des vaccins contre le Covid-19 un bien commun ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">[<a href="https://www.village-justice.com/articles/licence-office-covid-illusion-moindre-cout,38973.html#nh2-3">3</a>] Voir en ce sens L613-17, l’article L613-16 prévoit au minimum un délai de 2 mois entre les premières consultations et la notification au breveté pour ses observations.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">[<a href="https://www.village-justice.com/articles/licence-office-covid-illusion-moindre-cout,38973.html#nh2-4">4</a>] Plus généralement Aude Lemarchand « <em>le Vaccin contre le SARS-Cov-2 comme bien public mondial : compatibilité avec les droits de la propriété industrielle</em> », Propriété industrielle avril 2021, p. 6 et suivantes.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">[<a href="https://www.village-justice.com/articles/licence-office-covid-illusion-moindre-cout,38973.html#nh2-5">5</a>] Déclaration de Madame Ursula Von der Leyen, les Echos du 11 février 2021.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">[<a href="https://www.village-justice.com/articles/licence-office-covid-illusion-moindre-cout,38973.html#nh2-6">6</a>] Voir une ancienne décision de la Cour de justice du 9 juillet 1985, 19/84.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">[<a href="https://www.village-justice.com/articles/licence-office-covid-illusion-moindre-cout,38973.html#nh2-7">7</a>] Voir en particulier la plate-forme COVAX <a href="https://www.who.int/fr/initiatives/act-accelerator/covax">https://www.who.int/fr/initiatives/act-accelerator/covax</a>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">[<a href="https://www.village-justice.com/articles/licence-office-covid-illusion-moindre-cout,38973.html#nh2-8">8</a>] Pour les accords avec Les 4 + 2 + 2 laboratoires <a href="https://ec.europa.eu/info/live-work-travel-eu/coronavirus-response/public-health_fr">https://ec.europa.eu/info/live-work-travel-eu/coronavirus-response/public-health_fr</a></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">[<a href="https://www.village-justice.com/articles/licence-office-covid-illusion-moindre-cout,38973.html#nh2-9">9</a>] Au 18 février 2021, au moins sept vaccins différents avaient été mis à disposition dans les pays par l’intermédiaire de trois plateformes. …Parallèlement, plus de 200 vaccins candidats sont en cours de mise au point <a href="https://www.who.int/fr/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019/covid-19-vaccines">https://www.who.int/fr/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019/covid-19-vaccines</a></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">[<a href="https://www.village-justice.com/articles/licence-office-covid-illusion-moindre-cout,38973.html#nh2-10">10</a>] Voir en particulier au USA, Defense Production Act (DPA), et en Europe Task Force sous la direction du commissaire européen Thierry Breton.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">[<a href="https://www.village-justice.com/articles/licence-office-covid-illusion-moindre-cout,38973.html#nh2-11">11</a>] Déclaration du 12 avril 2021.</span></p>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>Covid-19 et brevet. Non à une licence d’office franco-française !</title>
		<link>https://www.schmitt-avocats.fr/covid-19-brevet-licence-office/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Schmitt]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Mar 2021 10:34:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Brevet]]></category>
		<category><![CDATA[Covid 19]]></category>
		<category><![CDATA[Licence d'office]]></category>
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		<category><![CDATA[covid-19]]></category>
		<category><![CDATA[Le Mode Diplomatiqu]]></category>
		<category><![CDATA[licence d'Office]]></category>
		<category><![CDATA[Tribune Les Echos]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Jusqu’ici la licence d’office du droit des brevets ne semblait destinée qu’aux pays les plus pauvres. Or par un retournement de situation, des spécialistes de la propriété industrielle la préconisent « pour faciliter la fabrication de vaccins sur le territoire français » ! Une telle proposition est-elle adaptée à la situation actuelle ? ( Article</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><strong><em>Jusqu’ici la licence d’office du droit des brevets ne semblait destinée qu’aux pays les plus pauvres. Or par un retournement de situation, des spécialistes de la propriété industrielle la préconisent « pour faciliter la fabrication de vaccins sur le territoire français » ! Une telle proposition est-elle adaptée à la situation actuelle ? (<a href="https://www.village-justice.com/articles/covid-brevet-non-une-licence-office-franco-francaise,38472.html"> Article publié le 18  mars sur le site du Village de la justice</a>)<br />
</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Rappelons que dans le domaine de la pharmacie, le brevet a mauvaise presse car associé au profit de la big Pharma et aux difficultés d’accès aux médicaments par les populations les plus défavorisées.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Ainsi Le Monde Diplomatique présente en première page de son numéro de mars 2021 un titre « les brevets, obstacle au vaccin pour tous », où est rappelée la promesse avancée en mai 2020 mais non tenue des vaccins « biens publics mondiaux ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Face à une pandémie mondiale, certains préconisent la suppression des droits de propriété industrielle sur les vaccins, d’autres proposent sous différents termes, – licence d’office, obligatoire, judiciaire, gouvernementale ou encore réquisition -, une autre solution : l’exploitation de l’invention sans l’autorisation du titulaire du brevet. Principal mérite de cette seconde possibilité, elle est prévue par le droit des brevets, c’est le sens de la tribune « Pour une politique du brevet au service de la santé publique » publiée le 11 mars.</span><br />
<span style="font-size: 14pt;">Les signataires sont cette fois des spécialistes de la propriété industrielle. Mais ils préconisent la licence d’office pour « <em>faciliter la fabrication de vaccins sur le territoire français</em> ». Ce qui constitue un singulier retournement de situation puisque le recours à la licence d’office n’était envisagé que pour les pays les plus pauvres. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Première surprise <strong>aucun industriel parmi ces professionnels des brevets</strong>. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Absence d’autant plus remarquée que les difficultés rencontrées aujourd’hui pour les vaccins sont selon la Commission européenne des difficultés de production industrielle. A quoi bon que le gouvernement français enclenche un mécanisme de licences d’office ou de réquisition si les capacités de production sur le territoire national font défaut ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Quel vaccin soumettre à la licence d’office ou à cette réquisition ?</strong></span><br />
<span style="font-size: 14pt;">Quatre vaccins bénéficient déjà d’une autorisation de mise sur le marché en Europe. Un des quatre laboratoires a déjà indiqué qu’il n’opposerait pas ses brevets pendant la pandémie. D’autres vaccins sont toujours en cours de mise au point, et la Commission fait état de négociations contractuelles avec 8 laboratoires.</span><br />
<span style="font-size: 14pt;">Ce choix fait, serait-il le bon ? Initialement la Commission a favorisé un large éventail de candidats vaccins reposant sur différentes approches technologiques pour maximiser les chances. Les polémiques de ces derniers jours sur l’efficacité et les risques d’un des trois premiers vaccins montrent qu’en la matière les choix et les prévisions peuvent être remises en cause, sans parler de l’arrivée de nouveaux variants.</span><br />
<span style="font-size: 14pt;">Imagine-t-on le gouvernement français financer des unités de production qui se révéleraient inutiles ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">La licence d’office n’est pas « une expropriation » mais « un mécanisme équilibré » qui respecte « les intérêts de ceux qui ont misé sur la recherche et su la mener à bien en leur garantissant des redevances ». <strong>Il s’agirait donc selon cette tribune de verser des redevances à ceux qui n’ont pas respecté leurs engagements contractuels !</strong></span><br />
<span style="font-size: 14pt;">Rappelons que l’Union européenne succédant à des initiatives de différents Etats dont la France, a contribué très tôt par des financements aux travaux de recherche et développement en contrepartie de quoi les laboratoires se sont engagés à fournir les volumes de doses, engagements, – sous réserve de ce que prévoient ces contrats non publics -, qu’ils n’arriveraient pas à respecter.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Solution franco-française donc, cette proposition vise à une production sur le territoire français de doses de vaccin pour satisfaire les seuls besoins de sa population. Une telle proposition va à <strong>l’encontre de la solidarité </strong>qui doit exister entre les Européens, elle est <strong>contraire à tous les mécanismes de libre circulation des produits</strong> au sein de l’Union européenne, principe sur lequel s’est construit le droit de la propriété industrielle depuis plus d’une cinquantaine d’années. Pire encore, une telle solution franco-française <strong>ignore la spécificité d’un monde</strong> où toutes les personnes souhaitent circuler librement et qui nécessite par conséquent d’éradiquer le virus quel que soit le pays.</span></p>
<p style="text-align: justify;">
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